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Faux conseiller bancaire : l'appel minute par minute, et comment être remboursé

Arnaque décortiquéeVérifié le 8 sources, dont 8 officielles6 min de lecturevidéo de 7 min 14

Votre « banque » vous appelle et vous demande de valider une opération pour l'annuler ?

C'est une arnaque. Raccrochez.

Selon la Banque de France, votre banque n'a besoin ni de vos codes ni de votre validation pour annuler une fraude. Le numéro affiché peut être imité.

Que faire maintenant

  1. Raccrochez, même si le numéro affiché est celui de votre banque.
  2. Rappelez-la vous-même, au numéro inscrit au dos de votre carte ou dans l'application.
  3. Ne validez rien dans l'application que vous n'avez pas lancé vous-même, même « pour annuler ».
  4. Ne donnez jamais votre carte ni votre code à un coursier.
Vous avez déjà validé une opération, ou donné votre carte ?Ce qu'il faut faire maintenant

Un SMS « opération suspecte », puis un appel où s'affiche le numéro de votre banque. En vingt minutes, le faux conseiller vous fait valider vous-même l'ajout d'un bénéficiaire et un virement instantané. Voici chaque étape, avec le détail qui doit vous alerter.

La vidéo

Miniature de la vidéo : Arnaque au faux conseiller bancaire : l'appel minute par minute (et comment être remboursé)

Aller directement à

  • 516 M€de fraude en 2025 dans les arnaques où la victime est manipulée, un tiers de plus qu'en 2024. Aucun chiffre public n'isole le faux conseiller.Banque de France, rapport 2025 de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, 9 septembre 2026
  • 376 M€de fraude par manipulation sur les virements de banque en ligne en 2025, contre 244 millions un an plus tôt.Banque de France, même rapport

Le message, décortiqué

La barre passe le SMS à l'envers. Chaque piège s'allume en rose, et son explication en face.

Reconstitution du message : 06 XX XX 41 07 · SMS · aujourd'hui 14:02 · Ma banque : opération de 1 249,00 € détectée. Pas vous ? Annulez-la sur ce site, avant 14 h 30 annuler-operation.info

Reconstitution, celle de la vidéo : banque fictive, numéro masqué, adresse inventée et vérifiée libre le 9 octobre 2026.

  1. Piège 1 : Ce site n'appartient à aucune banque : si vous y tapez votre identifiant, l'escroc le récupère.
  2. Piège 2 : Le délai vous presse.
  3. Piège 3 : Les banques signent leurs SMS de leur nom, pas d'un numéro de portable.

L’appel, minute par minute

Les horaires sont une reconstitution. Le scénario, lui, est celui que décrivent la Banque de France et Cybermalveillance.gouv.fr.

14 h 02, le SMS. Une opération suspecte sur votre compte, un lien pour l’annuler, un délai. Le site n’appartient à aucune banque : si vous y tapez votre identifiant, l’escroc le récupère. L’expéditeur est un numéro de portable, alors que les banques signent leurs SMS de leur nom. Vous recevez ce genre de SMS ? Passez le message au scanner : l’« opération suspecte » à bloquer d’urgence fait partie des signes qu’il souligne.

14 h 05, l’appel. À l’écran, le numéro de votre banque. Il peut être imité : c’est le spoofing. Au bout du fil, le « service anti-fraude », qui connaît votre nom, parfois votre numéro de carte. Ces informations ont pu être volées avant, par un faux SMS, un compte piraté ou un virus.

14 h 07, la promesse. Une opération frauduleuse serait en cours, il va la bloquer avec vous. Une demande va arriver dans votre application, il suffira de la valider. C’est la phrase qui doit vous faire raccrocher.

14 h 11, la fausse annulation. La demande arrive. Au téléphone, il parle d’annuler ou de vous rembourser, et le bénéficiaire porte un nom rassurant, comme « Service sécurité ». Mais la ligne du haut dit ce que vous validez vraiment : l’ajout d’un bénéficiaire. Une fois validé, l’escroc peut lui envoyer votre argent.

14 h 13, le virement. Deuxième demande, présentée comme le blocage de l’opération suspecte. Tout en haut : virement instantané. Avec ce type de virement, l’argent arrive chez le bénéficiaire en dix secondes, comme le prévoit la règle européenne.

14 h 19, le coursier. Parfois, il va plus loin : votre carte serait compromise. Il vous demande votre code secret « pour la désactiver », puis un coursier « de la banque » passe la chercher chez vous. La Banque de France décrit ce scénario, et note qu’en 2025 la fraude aux retraits augmente justement à cause des faux coursiers.

14 h 26, le rappel. Le doute s’installe, vous rappelez votre banque au numéro inscrit au dos de votre carte. Elle ne vous a jamais appelé. Ce réflexe, c’est dès le premier appel qu’il faut l’avoir.

Ce que l’escroc veut

Que vous fassiez vous-même ce qu’il ne peut pas faire seul : valider l’ajout de son compte comme bénéficiaire, puis le virement, avec votre code ou votre visage dans l’application. La Banque de France décrit précisément ce mécanisme : amener la victime à valider des opérations frauduleuses sous prétexte de les annuler ou de les bloquer.

Ce que votre banque ne fera jamais

Ces quatre demandes signent l’arnaque :

  • vous demander un code reçu par SMS, ou vos identifiants ;
  • vous faire valider une opération pour l’annuler ;
  • vous faire déplacer votre argent vers un compte « sécurisé » ;
  • envoyer un coursier chercher votre carte.

Le geste qui protège tient en deux temps, c’est la consigne des banques françaises : raccrochez, même si le numéro affiché est celui de votre banque, puis rappelez-la vous-même, au numéro inscrit au dos de votre carte ou dans l’application.

Deux réglages qui limitent les dégâts

  1. Un plafond bas pour les virements instantanés. La règle européenne vous permet de fixer vous-même un montant maximum, par jour ou par virement, et de le changer à tout moment. Le nom du menu varie selon les banques. Et si quelqu’un vous demande de le relever pendant un appel : raccrochez.
  2. Les alertes de l’application. Une notification à chaque opération et à chaque nouveau bénéficiaire. Certaines applications vont plus loin : avec votre accord, elles repèrent qu’un appel est en cours pendant un virement, et affichent une alerte ou bloquent l’opération. La CNIL a encadré ce réglage en 2025. Si votre application le propose, activez-le.

Une règle résume tout, donnée par Cybermalveillance.gouv.fr : ne validez jamais une opération que vous n’avez pas lancée vous-même, même pour l’annuler.

Si c’est arrivé

Chaque minute compte. Voici l’ordre :

  1. Appelez votre banque et faites opposition sur votre carte. Le serveur interbancaire répond au 0 892 705 705, jour et nuit.
  2. Changez le mot de passe de votre banque en ligne, et repérez toutes les opérations frauduleuses.
  3. Contestez-les par écrit auprès de votre banque, et portez plainte. Gardez les preuves : numéros, SMS, relevés.
  4. Faites-vous aider sur 17Cyber. Pour un conseil, Info Escroqueries répond gratuitement au 0 805 805 817.

Même si vous avez tout validé vous-même, l’argent n’est pas forcément perdu. En octobre 2024, la Cour de cassation a donné raison à un client qui avait ajouté des bénéficiaires pendant un faux appel : le numéro de sa conseillère s’affichait. La Cour a jugé que la négligence grave n’était pas caractérisée, et rappelé que c’est à la banque de la prouver. La banque a dû rembourser plus de 50 000 euros. Ce n’est pas une garantie : chaque dossier est jugé sur ses faits.

Pour une fraude à la carte, Service-public.gouv.fr indique un délai de treize mois pour contester. En cas de refus de votre banque, le médiateur bancaire est gratuit.

À retenir : pour bloquer une fraude, votre banque n’a besoin ni de vos codes ni de votre carte. Un appel qui vous fait valider quoi que ce soit dans l’application, on raccroche, et on rappelle soi-même.

Vos questions

Le numéro de ma banque s'affichait : est-ce forcément elle ?

Non. Le numéro affiché peut être imité, c'est le spoofing. Depuis début 2025, les opérateurs bloquent la plupart de ces appels, mais la Banque de France en relève encore. Dans le doute, raccrochez et rappelez vous-même le numéro inscrit au dos de votre carte.

Ma banque peut-elle me demander de valider une opération pour l'annuler ?

Non. La Banque de France l'écrit : le personnel de votre banque ne vous demandera jamais vos codes et n'en a pas besoin pour annuler une opération frauduleuse. Cybermalveillance.gouv.fr ajoute de ne jamais valider une opération dont vous n'êtes pas à l'origine, même sous prétexte de l'annuler.

J'ai tout validé moi-même : puis-je être remboursé ?

Ce n'est pas exclu. En octobre 2024, la Cour de cassation a donné raison à un client qui avait ajouté des bénéficiaires pendant un faux appel où s'affichait le numéro de sa conseillère : la négligence grave n'était pas caractérisée, et c'est à la banque de la prouver. Chaque cas reste jugé sur ses faits. Contestez par écrit, et saisissez le médiateur bancaire, gratuit, en cas de refus.

Nos sources

Chaque information de cette fiche vient d'une de ces pages, relues le . Si l'une d'elles change, la fiche est mise à jour.

  1. Officiel

    Banque de France

    Rapport 2025 de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement

    Page du 9 septembre 2026 · lue le 9 octobre 2026

  2. Officiel

    Cybermalveillance.gouv.fr

    Fiche réflexe : fraude au faux conseiller bancaire

    Page du 8 février 2024 · lue le 9 octobre 2026

  3. Officiel

    Les clés de la banque (Fédération bancaire française)

    L'arnaque au faux conseiller bancaire

    Page du 31 mars 2026 · lue le 9 octobre 2026

  4. Officiel

    Service-public.gouv.fr

    Fraude à la carte bancaire

    Page du 13 février 2026 · lue le 9 octobre 2026

  5. Officiel

    Légifrance

    Cour de cassation, chambre commerciale, 23 octobre 2024, n° 23-16.267

    Page du 23 octobre 2024 · lue le 9 octobre 2026

  6. Officiel
  7. Officiel

    CNIL

    Contrôle d'appel en cours lors de l'utilisation d'une application bancaire

    Page du 15 juillet 2025 · lue le 9 octobre 2026

  8. Officiel

    17Cyber

    17Cyber, le service d'aide aux victimes

    lue le 9 octobre 2026

La rédaction Raccroche

Publié le · notre méthode

Information générale, vérifiée sur des sources officielles à la date indiquée. En cas de doute sur votre situation, contactez vous-même votre banque, votre opérateur ou l'organisme concerné, avec le numéro que vous connaissez.

Les numéros à garder sous la main

  • Signaler un SMS ou un appel

    33700

    Transférez-lui le SMS frauduleux, gratuitement, ou signalez sur 33700.fr.

    Source : Cybermalveillance.gouv.fr

  • Bloquer votre carte bancaire

    0 892 705 705

    Serveur d'opposition interbancaire, jour et nuit, si votre banque ne répond pas.

    Source : Service-public.gouv.fr

  • Victime : diagnostic et plainte

    17cyber.gouv.fr

    Le service en ligne de la police, de la gendarmerie et de Cybermalveillance.gouv.fr.

    Source : 17Cyber

  • Un conseil sur une escroquerie

    0 805 805 817

    Info Escroqueries, des enquêteurs de la police. Appel gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30.

    Source : Police nationale

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